Florent Demarchez, Locked Out

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Certains muséums d’histoire naturelle sont des lieux passionnants. Là, à quelques centimètres de nous, des animaux vidés de leurs entrailles y paraissent plus vivants que jamais. Ils se retrouvent saisis dans une attitude la plus caractéristique de leur espèce, l’expression figée dans une cage de verre reconstituant leur environnement naturel de façon minimaliste et idéalisée. Alors magnifié dans une vision presque parfaite, ce travail de reconstitution taxidermique symbolise à merveille le penchant humain pour la préservation, mais aussi pour le façonnage de la nature à son image.

Tout jeune déjà, j’étais fasciné par le sentiment de proximité avec la nature que procuraient ces lieux. Plus encore, cette proximité m’offrait alors le sentiment que les êtres vivants dans cette nature y étaient plus humains que jamais. Aujourd’hui, il me semble d’autant plus lire dans ces lieux une forme d’assouvissement du désir de domination sur le règne animal sauvage. Je vois un monde où la nature de l’homme a pris le pas sur un état naturel. Où l’environnement qui a porté la vie depuis toujours se retrouve mis en porte-à-faux par l’activité humaine. Un monde ou finalement l’homme se devrait de réellement contrôler l’état de la nature.

Au cœur des plus grandes cités, entre ces couloirs, Locked Out met en scène ce paradoxe saisissant. Des environnements vides, froids et lisses abritent des fenêtres ouvrant sur un cri animal en suspend. De ces ouvertures d’où jaillit la lumière, quelque chose vient nous interpeller, l’urgence est palpable. L’ambigüité bascule alors et le contenu et le contenant se confondent. Les rôles s’inversent pour un instant et le dedans devient le dehors. Où se trouve la cage ? Où se trouve la vie ?

Texte de Florent Demarchez



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